Discours du 18 juin 2018

Cérémonie du 18 juin 2018

Je remercie Thomas qui nous a remis en mémoire l’Appel du 18 juin que nous commémorons aujourd’hui.

Je remercie également tous les élèves des CM2 des écoles du Clos de La Salle et de Jean Jaurès qui se sont joints à nous et je félicite leurs directrice et directeur qui les accompagnent et ont pris l’initiative, une fois de plus, d’accomplir à nos côtés ce devoir de mémoire.

Dans quelques instants, après la Marseillaise, les enfants entonneront « le Chant des Partisans » qu’ils viennent d’apprendre et ont répété ensemble. Je ne doute pas que nous serons nombreux à les accompagner.

Le 18 juin 1940, les Français sont  foudroyés par une défaite éclair : Paris est à l’heure allemande depuis quatre jours, le gouvernement du maréchal Pétain a demandé l’armistice, des millions de civils sont précipités sur les routes et connaissent l’exode.

Ce 18 juin 1940, peu nombreux furent les français qui entendirent l’Appel du Général de Gaulle. Ils ignorent encore la BBC et « Radio Londres » qui devait devenir, avec le temps, un symbole d’espoir et  de liberté pour tous les résistants.

Dans ses « Écrits de la Résistance« , Pierre Mendès France confie : « Le soir [du 18 juin], l’idée me vient d’écouter ce que pensent les Anglais de la France et de son nouveau gouvernement… et c’est alors que se produit le miracle. Au moment où tout est perdu voici qu’arrive par les ondes, le message de la volonté invaincue, de la foi, de l’espoir  renaissants.  Ce n’est pas un Anglais qui parle, c’est un Français qui, de Londres, exprime la pensée encore inconsciente de la France. Passionnément, j’écoute ses paroles que j’ai relues tant de fois depuis ».

Car le général de Gaulle s’exprime en Français rassembleur et en soldat résolu. Il parle clair, il parle vrai. Il est le premier à dire clairement NON.

Dans ce moment de détresse nationale, de Gaulle affirme que « cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale ». Il incarne un autre chemin que celui de l’abandon et appelle à continuer la lutte. « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas! ». Au bout des ondes, c’est l’espoir ranimé. Ce sera un jour l’honneur retrouvé et enfin la France libérée.

Dès le 28 juin, Churchill le reconnait comme « chef de la France Libre » alors qu’un tribunal français le condamne à mort le 2 août.

Rares sont donc les élites françaises qui rallieront ce général à titre temporaire alors que dans les jours et mois qui suivirent l’Appel, de nombreux Français venus de tous horizons, prenaient le chemin de Londres.

Parmi eux, je ne retiendrai que le témoignage de 2 jeunes engagés dans les Forces Françaises Libres, qui vécurent quelques décennies au Mesnil, dans l’anonymat, et que nous retrouvions chaque année devant ce monument aux morts.

« À 19 ans, raconte Jean Dufour, je travaillais en Sierra Leone…  Les Anglais nous ont parlé d’un certain Appel… Avec deux amis, nous avons demandé à rejoindre Londres où j’ai débarqué le 1er juillet 1940 avec mes raquettes de tennis ! Je me suis engagé dans les fusiliers marins car ils étaient de garde ce jour-là. » On le retrouvera à Dakar, en Syrie, en Lybie, à El Alamein, à Bir-Hakeim, Monte Cassino, au Garigliano, à Cavalaire, en Alsace,…

 » J’avais 19 ans, se souvient André Quelen. Je préparais Navale à Brest. J’ai quitté le Conquet le 18 juin 1940 vers Ouessant où j’ai retrouvé des camarades de lycée dans la nuit du 18 au 19. Là, nous avons embarqué sur un bateau charbonnier en direction de l’Angleterre… J’ai rejoint le Congo en avril 1941 puis Douala où j’ai intégré le 5ème bataillon de marche du Cameroun…

Ses champs de bataille sont quasiment identiques à ceux d’André Dufour jusqu’à l’Alsace où il est gravement blessé.  » Je n’ai fait que mon travail. Nous n’avions qu’une idée : libérer la France ».

Pour ses faits d’armes, le général de Gaulle l’a fait  Compagnon de la Libération à 24 ans !

L’Appel du 18 juin est fondateur. Il fut l’étincelle de la résistance française, permit à la France  de lutter sur tous les fronts et d’être parmi les vainqueurs de 1945.

Nous commémorons aujourd’hui cet espoir et cette volonté du général de Gaulle. Nous rendons hommage à toutes celles et tous ceux qui ont refusé la défaite, qui se sont opposés à la collaboration et qui ont pris les armes contre l’ennemi.

Nous honorons la force de leur engagement et de leur sacrifice qui ont permis d’accomplir les promesses du 18 juin.

Cet Appel fut un moment décisif de notre histoire nationale et demeure une référence essentielle de notre mémoire collective. Il proclamait avec force et ferveur une « certaine idée de la France » dont il nous faut, sans relâche, continuer d’être dignes.

Vive la République, vive la France !

Le maire, Serge Caseris

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