Discours du 18 juin 2017

Cérémonie commémorative du 18 juin 2017

Alors que 47 millions de français sont à nouveau appelés aux urnes, nous nous rassemblons aujourd’hui pour commémorer le 77ème anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle.

Dans quelques minutes, un élève de CM2 de l’école du Clos de la Salle nous relira cet Appel prononcé à la BBC.

On sait qu’il eut peu d’écho immédiat dans une France anéantie par la capitulation de ses armées, la débâcle et l’exode.

Mais François Jacob, Compagnon de la Libération et Prix Nobel raconte :
« Le 21 juin, c’est la cohue sur le petit port de Saint-Jean-de-Luz écrasé de soleil. Toute la journée, des barques de pêcheurs ont conduit, vers des navires à l’ancre dans la rade, les débris de troupes polonaises qui ont combattu à nos côtés. Le soir venu, quelques Français tentent de se mêler aux Polonais malgré un cordon de gendarmes chargés de filtrer les départs. Quelques heures plus tard, nous nous retrouvons… sur le pont d’un navire en route pour l’Angleterre. « De Gaulle, tu connais ? [lui demande un de ses compagnons]… C’est un général, je l’ai entendu à la radio. Il a dit qu’il continue la guerre. Il a dit que tôt ou tard on finira par les avoir. Les autres se couchent devant Hitler. Alors, les choses sont simples, non? « 

Cet appel relayé de bouche à oreille redonna espoir à tous ceux qui disaient « NON » à l’effondrement général, « NON » à l »asservissement. Il exprimait une énergie, une volonté de combattre et « une certaine idée de la France ».

À plusieurs reprises, au cours du mois de juin 1940, le Général interpella les Français à la BBC. Ce n’étaient pas des appels aux sentiments mais au devoir et à la raison : « Soldats de France, où que vous soyez, debout ! » (19 juin)
« Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ? » (22 juin)

Pendant 5 ans, la BBC offrira ainsi quelques minutes d’antenne à la première radio « libre » « Ici Londres. Les Français parlent aux Français! » dont l’indicatif est devenu célèbre dans le monde avec les premières notes de la Cinquième Symphonie.

La suite nous est connue : l’épopée de la France Combattante sur les champs de bataille aux côtés des Alliés, de Koufra à Monte Cassino, de Ouistreham à Strasbourg ; la résistance intérieure des soldats de l’ombre issus de tous les milieux de la société, de toutes convictions philosophiques, prenant tous les risques et déterminés. Pierre Brossolette nous rappelle que « Sous la croix de Lorraine, le socialiste d’hier ne demande pas au camarade qui tombe s’il était hier Croix de feu. Dans l’argile fraternelle du terroir, d’Estienne d’Orves et Gabriel Péri ne se demandent point si l’un était royaliste et l’autre communiste. Compagnons de la même libération, le père Savey ne demande pas au lieutenant Dreyfus quel dieu ont invoqué ses Pères. »

Le 18 juin 1940, nul ne pouvait prédire ni l’impact ni le poids historique de cet Appel alors que la France était en train de sombrer. Ce n’est, dans notre Histoire, n’est ni un jour de victoire, ni de défaite ou de révolution. C’est la libération de Paris et la manifestation populaire du 25 août 1944 autour du Général de Gaulle des Champs Elysées à Notre Dame, ainsi que la présence de la France à la table des vainqueurs qui lui donneront tout son sens.

L’affront de 1940 était effacé et les épreuves de la guerre justifiées.

Le prolongement de cet Appel, c’est la place retrouvée de la France au sein des grandes Nations. C’est aussi, le programme du Conseil National de la Résistance, pour le redressement de notre pays après la Libération.

Aujourd’hui, ne nous contentons pas de célébrer la mémoire du Chef de la France Libre et de tous ceux qui ont relevé l’honneur de la France.

Appuyons-nous sur leur idéal, leurs espérances et leur engagement jusqu’au sacrifice, pour refuser la fatalité et choisir notre destin.

Vive la République ! Vive la France !

Le maire, Serge Caseris

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