Discours du 8 mai 2014

Discours du 8 mai 2014 du maire Serge Caseris

8 mai 1944, il y a 70 ans

Le général Eisenhower fixe au 5 juin l’opération 0verlord mais les conditions météorologiques reculeront au lendemain, 6 juin, le débarquement en Normandie.

11 mai 23 h :

En Italie, les Alliés, accrochés depuis le mois de Janvier au Monte Cassino, lancent une nouvelle offensive pour percer la ligne Gustav et parvenir à Rome. Le Corps Expéditionnaire de la 1ère Division Française Libre du général Juin se distingue aux Monts Arunci, avec les goumiers du général Guillaume.  » Les Français avancent si rapidement, que les communiqués ne peuvent suivre leur rythme « , rapporte un journaliste américain. Parallèlement, le 4e régiment de spahis marocains participe à la bataille sur le Garigliano.

Les Alliés ont perdu en trois semaines 43.387 hommes tués, blessés et disparus, les français 9.324.

Deux soldats, âgés de 23 ans, qui avaient déjà combattu en Syrie, à Bir Hakeim, à El Alamein, en Tunisie, participaient à ces combats. Ils vécurent de nombreuses années, discrètement, parmi nous, au Mesnil-le-Roi, rue Jules Rein et rue de la Marne. Les obsèques du dernier d’entre eux ont eu lieu le 4 avril dernier à l’église Saint Vincent.

15 mai 1944 :

Funeste routine : le convoi n°73 quitte Drancy avec 878 juifs en direction d’Auschwitz. Jusqu’au 17 août, 7 derniers convois emporteront encore 6.794 juifs vers Auschwitz, Birkenau, Buchenwald et Bergen-Belsen. 867 survivront.

8 juin 1944 :

La Division SS Das Reich, forte de 15.000 hommes, quitte ses quartiers de Montauban pour rejoindre la Normandie où les allemands sont débordés par les troupes alliées. Mais elle est entravée dans sa progression par la Résistance et ses opérations de commando ou de sabotage des voies ferrées et par les bombardements de l’aviation alliée.

Elle se livre à des exactions barbares et à des représailles sanglantes contre les populations civiles des villes et villages traversés :

  • Le 9 juin, en représailles à l’attaque de la garnison allemande de Tulle, les SS raflent tous les hommes de la ville, pendent 99 d’entre eux aux arbres, aux réverbères et aux balcons. Au préfet qui tentait d’intervenir, un officier allemand répond : « Nous avons pris en Russie l’habitude de pendre. Nous avons pendu plus de cent mille hommes à Kharkov et à Kiev, ce n’est rien pour nous« .
  • 10 juin : pour venger l’exécution de l’un de ses officiers par le maquis, Lammerding, qui commande Das Reich, envoie un bataillon sur Oradour sur Glane avec, comme seul ordre, de rayer le village de la carte. On connait la suite tragique : 642 victimes dont 241 femmes et 200 enfants enfermés dans l’église incendiée.
  • Nuit du 14 au 15 août : les Alliés débarquent en Provence.
  • 24 août : la 2e DB entre dans Paris par la porte d’Orléans.

Il faudra encore attendre de longs mois de combats pour que l’Allemagne nazie soit vaincue.

Souvenons-nous, aujourd’hui, du vent de libération qui souffla sur notre pays en 1944, du 6 juin, jour du débarquement en Normandie, jusqu’au 23 novembre où la ville de Strasbourg fut libérée.

8 mai 1945 : il y a 69 ans ! La France et le monde célébraient la fin d’un cauchemar.

La capitulation sans condition de l’Allemagne du 3ème Reich mettait un terme au plus horrible des conflits que l’humanité n’ait jamais connu. Un conflit qui emporta plus de 55 millions de vies humaines en Europe et dans le monde et la France pleurait 600 000 des siens.

Nous sommes ici pour commémorer cette victoire des alliés et de la France, pour rendre hommage aux soldats des armées de libération et à tous les combattants de la résistance.

Souvenons-nous de ce 8 mai 1945 où l’Europe se libérait du totalitarisme et du fascisme, de la dictature, de la haine raciale érigée en norme.

Souvenons-nous aussi de cette Europe en décombres où tant d’horreurs ont suscité tant d’héroïsmes. Souvenons-nous des femmes et hommes, traqués, torturés, fusillés, déportés, de tous les combattants, et, comme le dira Malraux,  » des clochards épiques de Leclerc et des clochards sortis à quatre pattes de leurs maquis de chênes, qui arrêtèrent avec leurs mains paysannes formées aux bazookas, l’une des premières divisions cuirassées de l’empire hitlérien, la division Das Reich « .

Souvenons-nous de la volonté irréductible du général de Gaulle de poursuivre le combat pour que la France retrouve son honneur et soit présente à la victoire. « La France qui se bat, la seule France, la vraie France » affirmait-il lors de la Libération de Paris.

Comment ne pas penser enfin, en ce jour de mémoire, à ces soldats dont un grand nombre avaient participé à la victoire de 1945 et qui, il y a 60 ans, le 7 mai 1954, devaient cesser le feu à Dien Bien Phu, après 57 jours et 57 nuits de combats d’une rare férocité contre les troupes vietminh : 1 726 tués, 10 863 prisonniers dont 60% ont disparu, morts en captivité, déportés dans des camps de travail ou de rééducation.

Ce devoir de mémoire est une ardente obligation pour les générations présentes et futures qui doivent à nos aînés la paix et la liberté dont ils ne mesurent pas toujours la valeur.

Cette paix et cette liberté sont toujours fragiles et menacées.

Face à une crise économique de grande ampleur, les Etats sont mis à mal par les nationalismes et les communautarismes. Les religions sont ébranlées par les intégrismes.

Nous devons rester vigilants.

Souvenons-nous des mots du résistant Pierre Brossolette : « Ce que nos morts attendent de nous, ce n’est pas un sanglot, c’est un élan ».

Vive la République ! Vive la France !

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