Discours du 8 mai 2017

Cérémonie commémorative du 8 mai 2017

Nous célébrons aujourd’hui le 72ème anniversaire de la victoire du 8 mai 1945 à laquelle la France fut associée, en dépit de la défaite de 1940, en dépit des années sombres de l’Etat Français. Cela ne fut possible que par la volonté d’un homme, par l’héroïsme et le sacrifice de milliers d’hommes et de femmes qui résistèrent à l’Occupation.

Trois générations nous séparent désormais de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les derniers témoins se font rares et le temps de l’oubli nous menace si nous n’y prenons garde. Pourtant la Libération et les valeurs qu’elle portait n’ont jamais été aussi actuelles.

Cette Seconde Guerre mondiale s’inscrivait dans la continuité de la Grande Guerre de 1914-1918. Beaucoup plus meurtrière que la précédente, avec plus de cinquante millions de victimes, elle se caractérisa surtout, en Europe, par l’extermination méthodique des Juifs et des Tziganes au nom d’une sélection raciale, et par l’emploi, sur le Japon, d’une arme de destruction massive, la bombe atomique.

Ce fut une guerre, totale, qui plongea le monde dans la destruction et l’horreur.

En France, « alors que nos chefs prétendaient renouveler la guerre de 1915-1918, les Allemands faisaient celle de 1940« , écrira Marc Bloch avant d’être exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944.

La ligne Maginot faisait illusion et le Blitzkrieg en aura vite raison !

Le 14 mai 1940, Sedan tombe…du 25 mai au 3 juin, 400 000 hommes des troupes franco-britanniques sont encerclés et acculés à Dunkerque.

Le 14 juin, la Wehrmacht défile à Paris et Pétain signe l’armistice le 22 juin. En un mois, nos armées avaient été défaites.

Commémorer le 8 mai 1945, c’est aussi ne pas oublier ce traumatisme de la débâcle avant de rappeler la révolte immédiate d’une poignée de femmes et d’hommes puis la prise de conscience progressive de nos compatriotes qui refusèrent la domination et l’arbitraire de l’ordre nazi, la ligne de démarcation, les réquisitions, les rationnements, le travail obligatoire, et la collaboration du gouvernement de Vichy.

Le 1er juillet 1940, le général de Gaulle crée à Londres les Forces Françaises Libres avec les quelques centaines de volontaires, civils et militaires, qui n’ont pas admis le renoncement et l’anéantissement de la France.

Il faudra bien des mois, le ralliement des colonies, Koufra, la résistance héroïque des hommes de Koenig à BirHakeim, en mai 1942, pour que les Alliés reconnaissent la réalité politique du Comité National de la France Combattante.

En 1942,  » L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme » avec les victoires d’El Alamein en Egypte, Midway dans le Pacifique puis Stalingrad en janvier 1943.

En Europe, les troupes de Leclerc, De Lattre, et de Juin, seront désormais de toutes les batailles jusqu’à la libération de la patrie.

En France même, l’action clandestine contre l’occupant constitue au départ une minorité spontanée, courageuse, multiforme, composée d’hommes et femmes de touts horizons, mais isolés ou en une multiplicité de réseaux et maquis épars et parfois divisés sur l’action et la finalité de leur combat.

Mais les représailles des Allemands, les échos des déportations, le soutien aux Alliés rendent nécessaire de taire les divisions.

De Gaulle charge, en 1942, Jean Moulin d’unifier les mouvements. Le Conseil National de la Résistance nait le 27 mai 1943.

À la radio de Londres, Pierre Brossolette rendra hommage à ces hommes et à ces femmes « À côté de vous, parmi vous, sans que vous le sachiez toujours, luttent et meurent des hommes…Tués, blessés, fusillés, arrêtés, torturés, chassés toujours de leur foyer; coupés souvent de leur famille, combattants d’autant plus émouvants qu’ils n’ont point d’uniformes ni d’étendards, régiment sans drapeau dont les sacrifices et les batailles ne s’inscriront point en lettres d’or dans le frémissement de la soie mais seulement dans la mémoire fraternelle et déchirée de ceux qui survivront; saluez-les…C’est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire.»

20 000 résistants sont morts au combat, 30 000 fusillés, plus de 60 000 déportés, dont près de la moitié ne sont pas revenus des camps.

Leurs actions et leur sacrifice, comme l’engagement des Forces Françaises Libres aux côtés des Alliés, ont permis à la France de se trouver à la table des vainqueurs le 8 mais 1945.

Au-delà de la victoire et de l’honneur qu’ils rendaient à la France, ils se sont battus pour un idéal de société.

Commémorer cette victoire, c’est se souvenir de l’engagement de ces héros, des soutiers de Brossolette ou des « clochards épiques » chers à Malraux. C’est se rappeler C’est se rappeler l’honneur qu’ils rendaient à la France, l’idéal de société pour lequel ils se sont sacrifiés, idéal de justice et de liberté.

Notre pays s’est reconstruit, après 1945, sur le souvenir de ces tragédies et par la volonté de vivre ensemble dans une Europe en paix.

C’est notre responsabilité de préserver cet héritage et de le transmettre.

Vive la République ! Vive la France !

Le maire, Serge Caseris

Documents à télécharger