Discours du 8 mai 2018

Cérémonie commémorative du 8 mai 2018

La capitulation sans condition du Reich est signée à Reims le 7 mai 1945 à 2h41 du matin et les armes doivent se taire le 8 mai à 23h.

4 mois plus tard, le 2 septembre, à Tokyo, sur le pont du cuirassé Missouri, le général Leclerc, aux côtés du Général Mac Arthur, signait l’acte de capitulation sans condition du Japon.

Pour la France, « vaincue, humiliée, par la victoire allemande de 1940, soumise à l’occupation nazie, souillée par la collaboration » (Max Gallo), ces capitulations marquent le signe de sa renaissance. Car elle est partie prenante à cette victoire en dépit des réticences de Roosevelt et de Staline.

« La guerre est gagnée. Voici la victoire. C’est la victoire des Nations Unies et c’est la victoire de la France. L’ennemi allemand vient de capituler devant les armées alliées de l’Ouest et de l’Est. » Tels furent les premiers mots de l’allocution radiophonique du Général de Gaulle le 8 mai 1945.

Le même jour, il télégraphie à Churchill: « Au moment où le canon cesse de tonner sur l’Europe, je tiens à vous adresser ma pensée fidèle d’amitié et d’admiration. Ce qui a été fait ne l’aurait pas été sans vous… »

Ainsi s’achevaient 6 années de terreur, de souffrance, de spoliation irréparable et de privations.

73 ans plus tard, comme chaque année, nous célébrons la victoire des forces alliées. Mais, devant ce monument aux morts, nous nous souvenons que la France de 1945 pleurait aussi ses martyrs, ses six cent mille morts, ses millions de personnes déplacées, sans abri ni ressources.

Malgré le temps et les pages d’histoire qui nous ont dévoilé tous les ressorts de ce terrible moment du XXème siècle, nous ne parvenons toujours pas à comprendre ce qui a pu germer dans l’esprit des hommes, ce qui a rendu possible cette horreur totalitaire et concentrationnaire.

Cette guerre qui a ravagé l’Europe, et qui se poursuivit durant de longs mois en Asie et dans le Pacifique, fut sans précédent.

Car, au conflit militaire entre Nations, s’est ajoutée une persécution volontaire et systématique de populations civiles, hommes, femmes, enfants, parce qu’ils étaient juifs, slaves, tsiganes, handicapés, ou opposants politiques.  « Trains clos, verrouillés, entassement des déportés à cent par wagon, ni jour ni nuit, la faim, la soif, l’asphyxie, la folie… La mort fait son premier choix. Un second est fait à l’arrivée dans la nuit et le brouillard » écrira Jean Cayrol, résistant rescapé de Mauthausen.

Tous pourchassés, déportés, ou fusillés avec une seule volonté, celle de nier leur humanité et de les réduire au silence.

Comme chaque année, nous rendons hommage à à toutes celles et ceux qui ont risqué et sacrifié leur vie pour que nous recouvrions notre liberté.

Surgissant des profondeurs de la France, la résistance des anonymes, ces hommes et ces femmes ordinaires qui ont fait des choses extraordinaires, a grandi dans le pays : passeurs de frontières, saboteurs de chemins de fer et d’usines d’armement, « Justes » sauveurs de Juifs, combattants et maquisards du Vercors et du Plateau des Glières, du Limousin, de Bretagne et de tant d’autres lieux, armées d’Afrique, soldats des Forces Françaises Libres.

Ils étaient de tous milieux sociaux, de toutes les confessions, de toutes générations dont de nombreux jeunes épris d’idéal qui refusaient la soumission et la barbarie.

Comme le déclare Pierre Brossolette: “Des houles de l’Arctique à celles du désert, des ossuaires de France aux cimetières des sables, la seule foi qu’ils confessent, c’est leur foi dans la France écartelée mais unanime.” « De tous les morts dont la chaîne innombrable constitue notre trésor de gloire ceux-là, plus qu’aucuns autres, incarneront dans sa pure gratuité, l’esprit de sacrifice ».

Trois générations nous séparent désormais de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les derniers témoins se font rares et le temps de l’oubli nous menace si nous n’y prenons garde.

Célébrer le 8 mai 1945, c’est honorer les résistants, déportés, prisonniers de guerre et anciens combattants, en rappelant leur courage et leurs sacrifices mais c’est aussi nous rappeler et rappeler à nos enfants que leur engagement n’a pas été vain, que les valeurs qu’ils défendaient sont toujours d’actualité dans une France menacée par l’obscurantisme barbare, l’extrémisme, l’intolérance, l’inconscience ou l’insouciance.

Permettez-moi de saluer ici la mémoire du colonel Beltrame en citant l’hommage du Président de la République : « L’intolérable, jamais ne peut l’emporter. Puisse son engagement nourrir la vocation de toute notre jeunesse, éveiller ce désir de servir à son tour cette France pour laquelle un de ses meilleurs enfants, après tant d’autres, vient de donner sa vie. »

En ce 8 mai 2018, souvenons-nous que, face aux périls, il y eut, il y a toujours des hommes et des femmes capables de surmonter leurs rancœurs, leur partialité, leurs divergences, pour rester debout et lutter.

Rappelons-nous ces mots du Général de Gaulle « L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! »

Nos élèves de CM2 participent régulièrement à ces commémorations et je les remercie une nouvelle fois comme je remercie leurs enseignants et leurs parents.

Aujourd’hui, la succession de jours fériés a décimé leurs rangs ? Cinq d’entre eux, de l’école du Clos de la Salle, vont nous lire des témoignages que je vous invite à écouter. L’un d’eux nous rappellera que « Tous les enfants de la terre rêvent de ne plus jamais connaitre une guerre mondiale, de ne plus avoir peur, de ne plus souffrir. »

Vive la République ! Vive la France !

Le maire, Serge Caseris

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